Projet d’une jeune femme engagée

Collège La Noë Lambert 4ème // 24 mai 2019

Exposition de Fatoumata Gassama présentée par Mme Campillo, infirmière du collège La Noë-Lambert.

Fatoumata Gassama est une jeune femme luttant contre l’excision(1). Elle a organisé en décembre 2018 sa première exposition itinérante sur le sujet, suivie de la création de son association UBUNTU.

En décembre 2018, Fatoumata Gassama a présenté une exposition contre l’excision, à Nantes, au collège La Noë-Lambert. Cette exposition était destinée à libérer la parole des femmes excisées et à informer le plus tôt possible les jeunes filles en âge de subir cette mutilation dès l’âge de 7 ans.

Ses débuts

Fatoumata prit conscience de la violence de l’excision dans le livre autobiographique de Khady : Mutilée (2). Elle-même aurait pu être excisée sans l’accord de sa famille proche mais fut mise sous protection judiciaire dès l’âge de 11 ans.

Elle s’est ensuite engagée huit mois dans un service civique au sein d’une structure de jeunesse située à la Bottière (Nantes). Elle y a mené des actions pour la défense des femmes : cours de self defense, battle sexiste furent le début de son projet. Fatoumata Gassama est actuellement étudiante en première année de droit et vise un master en sciences politiques et humanitaires pour se diriger vers des ONG (3) pour développer son projet.

Son combat

Son projet sur l’excision, intitulé UBUNTU, est parsemé d’embûches : tout ce qui touche à la sexualité ou aux traditions est, selon elle, soumis à des tabous en Afrique. En outre, la jeune fille a peur du rejet de son exposition, notamment de la part des femmes mutilées qui auraient pu se sentir humiliées que l’on aborde ainsi leurs blessures. Mais « à partir du moment que les gens apprennent, les choses avancent ! » dit-t-elle.

Car Fatoumata lutte contre les tabous mais aussi contre la désinformation : elle martèle le fait que l’excision n’est en rien un acte religieux. C’est une tradition issue de l’Antiquité qui conduit à la mutilation, des souffrances physiques et psychologiques et parfois à la mort de jeunes enfants à la suite d’hémorragies.

Dès lors pour concrétiser son projet, Fatoumata se mit très vite en liaison avec différentes associations : les fédérations GAMS et Léo Lagrange, les associations PARK3R ou Guinée 44.

Son exposition devrait arriver dans la ville du Havre en mars 2019. Le combat d’une femme engagée qui n’est pas prêt de s’arrêter : « Ce n’est pas un sujet que l’on arrête en chemin. » affirme-t-elle avec assurance.

 

« J’ai eu l’impression de mourir une seconde fois »
Témoignage issu de l’exposition « Excision femmes mutilées » de Fatoumata Gassama

ou

L’excision en chiffres
– On estime à 60 000 femmes vivant en France qui sont excisées. Plus de 200 millions de femmes l’ont été.
– L’excision est pratiquée sur 3 zones mondiales : Afrique (Egypte, Guinée…), Malaisie, Colombie.
L’article 222-9 du code pénal assure de 15 à 30 ans de prison toute personne ayant pratiqué l’excision d’une femme sans son consentement, notamment si celle-ci est mineure. Cette loi fut votée en 2004 à la suite de la mort de 4 petites filles sénégalaises excisées sur le territoire français. Depuis cette loi, aucun enfant n’a été excisé en France même.
7 ou 8 ans : c’est l’âge à partir duquel une excision peut être pratiquée sur un enfant.
– la pratique de l’excision remonte à 5000 ans et trouve son origine en Egypte antique. Ce pays continue à pratiquer intensivement cette mutilation. Plus de 90% des femmes égyptiennes seraient excisées.
1/10 guinéenne a été excisée.

 

1 – Mutilation de l’organe féminin
2 – Editions Presse Pocket
3 – Organisation Non Gouvernementale

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